Qui suis-je?

Les humeurs

 

Samedi 21 avril 2007

De l'or dans le ciel

"- Evidemment, votre système n'est pas idiot", remarqua Willy, "c'est une façon de systématiser l'Amour en quelque sorte, une sorte de vérification des affinités avant union. Mais comment se fait cette vérification, le sais-tu?"

 

 

"-Statitiques et calculs savants. Je crois qu'ils relèvent la circonférence du cerveau, la longueur du pouce et qu'ils soupèsent le coeur. Après quoi, ils ajoutent toutes ces mesures et obtiennent nos références d'accompagnant."

"-Mais comment font-ils pour soupeser le coeur? On vous l'enlève? Ce qui par ailleurs, expliquerait certaines choses..."

"- Non, le scanner est plus pratique. Je pense que l'estimation se fait en fonction de la grosseur du coeur et de sa densité molléculaire..."

"- Ah, je vois... Enfin, quand je dis "je vois"..."

Des pas dans l'escalier rappelèrent à Willy qu'il était sur Terre, qu'il était marié et que sa douce et tendre serait dans la boutique d'un instant à l'autre. Il souleva le chapeau jaune posé sur le comptoir et poussa Martin en dessous. "Hé!" fit celui-ci. Mais tout en protestant, il se laissa avaler par le chapeau, lui aussi ayant entendu le danger qui approchait... Edna entra.

 

 

"- N'ai-je pas entendu la clochette, mon ami?"

"-Hélas! Je crains que vous n'ayez rêvé, ma douce." mentit William de derrière ses lunettes.

"-Les affaires ne vont pas très forts en ce moment, n'est-ce-pas?"

"-Non, il est vrai, mais que voulez-vous, la mode ne nous est guère favorable. Le vent tournera, vous verrez..."

"- Mais quel est ce modèle? Il ne me semble pas le connaître. Sa couleur est bien peu commune" dit-elle en pointant un doigt délicat vers le bibi jaune.

"- Oh! Celui-ci? A vrai dire, je ne sais pas, je pense qu'un client l'aura oublié. Il n'est pas de la meilleure qualité, certainment pas un article de chez nous."

"- Voulez-vous que je le porte dans la réserve afin de dégager votre comptoir?" Elle avançait déjà sa toute petite main vers le chapeau et son invisible occupant.

William lui saisit le poignet avec douceur et la remercia en lui assurant qu'il préférait le garder sous la main pour le cas où l'on viendrait le réclamer.

"-Bien, William, je vais remonter parer le dernier modèle."

"- Ja voulais vous dire que je le trouve très réussi. J'aime vos harmonies de couleurs et de matières, aussi surprenantes soient-elles : jamais je n'aurais pensé que la paille et la soie s'accorderaient aussi bien."

Le demi-sourire d'Edna et le rose sur ses joues indiquèrent à William qu'elle était à la fois flattée par son compliment et très fière de son nouvel ouvrage. Elle n'avait guère besoin de répondre...D'ailleurs, elle était déjà dans l'escalier.

"-Hep! " Martin passait déjà la tête sous le rebord du chapeau. "Ca y est? Elle est partie?"

"- Oui, oui, elle est remontée. Tu peux sortir."

"- Pfou! Quelle chaleur là-dessous!"

"-Alors", se reprit Sir William, "tu me parlais de ton peuple et de ses bien étranges moeurs..."

"- De mon peuple... Ah oui! Mon peuple, les Gimmins. Où en étais-je?"

"-Je crois que nous avions digressé et que nous parlions statistiques."

"-Exact. Mais la Statistique n'a qu'un rapport lointain avec ce qui m'amène. Reprenons donc à la Malédiction deDivinor qui nous condamne au déssèchement de notre cerveau."

"-Mais puisque vous pouvez vous abriter sous les Oumins et leurs têtes plates!!!!? Quel est le problème?"

"-Nous pouvions nous abriter. Mais l'équilibre a fini par se rompre entre nos deux peuples. Je n'en connais pas exactement la raison mais elle est certainement bonne puisque ce sont les Grands qui en sont à l'origine. Nous devons donc trouver une solution de rechange et c'est pourquoi, je voudrais que tu me fasses environ dix millions de chapeaux."

William éclata tout d'abord de rire puis, voyant le sérieux de Martin affiché sur son petit visage, il se ressaisit et dit :

"-Heu... Martin, tu es un petit bonhomme fort sympathique mais même si j'y passais mes jours et mes nuits, je ne pourrais jamais réaliser dix millions de chapeaux de toute ma vie."

Martin en perdit sur le champ tout l'espoir qu'il avait dans les yeux.

"Mais que pouvons nous faire alors? Ne pourrait-on t'aider? Tu ne connais personne qui pourrait le faire? Je t'en prie chapelier aide moi, tu ne vas pas condamner tout mon peuple?"

"-Hélas!" répondit William. "Que faire?" Même si une grande entreprise acceptait de nous confectionner dix millions de chapeaux de poupée, je n'aurais pas de quoi les payer. Les affaires sont tellement difficiles en ce moment... J'ai à peine de quoi payer les fournisseurs..."

"-Payer? De quoi s'agit-il?"

"-Payer ce serait donner quelque chose de valeur en échange des chapeaux? Qu'avez-vous de valeur sur ton Etoile? A part les ourses, les requins, etc..."

" Je ne sais pas... Qu'entends tu par là?"

"-Des minerais, des pierres précieuses, du pétrole?"

"Eh bien, la seule chose que nous ayons c'est cette poudre jaune qui brûle les pieds des Oumins et sur laquelle nous circulons. Je dois en avoir un peu dans la poche, je suis sûr..."

Martin fouilla et sortit une pincée de " poudre jaune". De l'or! William n'était pas expert mais il lui semblait bien qu'il s'agissait d'or... Sir Wiliam attrapa la petite cuillère dans sa tasse à thé et ramassa aussi précautionneusement que possible la précieuse poudre.

"- Ne bouge pas!" lança Sir William à Martin et il s'enfuit vers la boutique attenante de son ami bijoutier.

Dix minutes plus tard, il revint un sourire figé sur le visage. "De l'or Martin! C'est de l'or! Ton peuple est sauvé. Si tu peux en ramener de ton Etoile, je me charge de la transaction pour toi et tu auras tes chapeaux!"

 

Illustration: Céline Badaroux-Denizon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Jeudi 5 avril 2007

Merci à DANY et FABY ...

par LILI publié dans : LILI PEINTRE
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Mercredi 28 mars 2007
par LILI publié dans : Les BLAGUES à LILI
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Mercredi 21 mars 2007
 2. L'Etoile Rose
 
Le chapelier, heureux d’être assis, se frotta les tempes puis les yeux et essaya vainement de comprendre ce qui lui arrivait. Rouvrant les yeux, Willy les plongea dans les billes de verre du minuscule Martin.
« - Martin ? Bon. D’une étoile ? Bon. J’ai un ami qui se prénomme Martin et il est bien souvent dans les étoiles. Après tout, pourquoi pas ?... »
Sir William s’interrompit car il venait de prendre conscience que, comme à son habitude, il essayait de rendre cohérente une histoire parfaitement incroyable.
« - Ecoute-moi Chapelier de Chapelizod. Je sais que tu as du mal à croire ce que tu vois, mais je suis bien réel. Je m’appelle Martin et j’arrive tout droit de l’Etoile Rose. »
« - Bon, bon… Admettons. » dit Sir William. « Tu es réel. Mais que fais-tu ici ? Apparemment, tu n’es pas chez toi puisque tu dis venir d’une étoile et qu’à ma connaissance, la Terre n’en est pas une et encore moins une rose… »
« - Bien raisonné Chapelier, effectivement, je ne suis pas d’ici, je ne suis pas chez moi, puisque d’ailleurs, je suis chez toi et que je suis venu ici, pour toi. »
« - Pour moi ? »
« - Oui, pour toi. Et maintenant, laisse-moi te conter mon histoire. Ainsi, tu comprendras ce qui m’amène. »
Le chapelier avait déjà du mal à croire qu’il parlait à un être venu d’ailleurs mais ce qu’il s’apprêtait à entendre allait encore bien plus loin que tout ce qu’il avait jamais imaginé. Trouvant cette situation ma foi bien divertissante, il laissa là les chiffres du journal et s’installa pour écouter Martin, son nouvel ami venu de l’Etoile Rose.
"-Voilà", dit Martin, "l'étoile sur laquelle je vis est une des plus brillantes que l'on puisse voir d'ici. Elle brille et brûle si fort que nous ne sommes protégés que par nos pieds cornus et la tête protégée car le soleil est très proche de nous. Je fais partie du peuple des Gimmins et nous avons tous des gros pieds qui résistent à la chaleur du sol mais des têtes fragiles.L'autre peuple qui vit sur ma planète se prénomme Oumin et ils ont une tête toute plate sur le dessus qui les isole du soleil. Jusqu'ici, nous vivions en paix et en harmonie sur notre étoile que nous appelons l'Etoile Rose car malgré l'inconvénient de la chaleur, elle est, ou plutôt était notre paradis. Nous laissions les Oumins marcher sur nos pieds dès que possible car eux ont les pieds fragiles. Quant à eux, ils nous laissaient nous abriter sous leur tête afin de ne pas griller nos cerveaux au soleil."
"Que voilà une belle harmonie de cohabitation" se dit le chapelier sans pour autant interrompre le petit Gimmin.
"- Hélas!... Nous vivions heureux. Car aujourd'hui, l'équilibre est rompu et nos deux peuples sont menacés. En effet, le terrible sorcier Divinor a décidé de nous perdre depuis le jour où le Grand Gimmin, notre chef, lui a refusé sa pitance de l'année : 32 vipères, 27 requins et 13 ours, tous des femelles."
"-Pourquoi perturber votre bel équilibre pour des animaux aussi... "peu fréquentables" ?" se permit de faire remarquer Willy, qui n'avait jamais eu de faible pour les requins...
"- Non, là, tu raisonnes en Terrien. Souviens-toi, l'Etoile Rose est un monde d'harmonie et d'équilibre. Ainsi, si nous livrions les animaux demandés, nous rompions cet équilibre, somme toute précaire. Tous les mâles ainsi privés de leur femelle se seraient vengés sur d'autres espèces et 'Adieu!' rats, mulots ou lapins, 'Adieu!' petits poissons... Je ne continue pas ma démonstration plus avant, tu comprends le principe?"
"- Oui " répondit simplement Sir William du fond de son siège.
"- Finalement, vois-tu, notre Etoile Rose aurait viré au Rouge sang. Nous aurions sombré dans la violence, la haine et la colère en livrant les animaux."
"- Ceci ne me dit pas ce qu'a fait le Sorcier pour vous punir."
"- Minute, M'sieur Willy. J'y arrive. Divinor, pour se venger, nous a alors jeté un sort qui nous condamne à avoir le haut du crâne ouvert et de vivre ainsi sous la lumière brûlante. Il nous a condamnés à sentir notre cerveau se dessécher peu à peu, perdre sa conscience, ses émotions et finalement nous entraîner dans sa fin."
"-Nous avons une maladie ici, tu sais, Alzeimer, elle s'appelle. On perd ses facultés petit à petit et on finit par en mourir."
"- Mais pourtant, vous n'avez pas le crâne ouvert?..."
"- Non, mais ça revient au même..."
"- Alors, tu sais comment nous soigner?"
"- Hélas! Je ne suis que chapelier et pas neurochirurgien. Je ne peux guère que vous donner des chapeaux : c'est là, toute l'étendue de mes compétences."
"- Et pourquoi crois-tu que je sois venu de mon Etoile Rose? Pour te conter fleurette, peut-être?"
"-Donc, nous y voilà. Tu es venu me voir moi, le Chapelier de Chapelizod, parce que tu veux des chapeaux."
"- Tu piges vite, Willy le Génie"
"-Il y a encore une chose que je n'ai pas bien saisie. Pourquoi brusquement, avez-vous décidé d'arrêter de fournir sa pittance au sorcier? Pourquoi? Alors que les autres années..."
"- A cause des statistiques. Les Grands ont consulté les Statistiques et en ont déduit que si on supprimait encore des femelles au règne animal, l'équilibre de la planète serait bouleversé. En effet, sur l'Etoile Rose, la vie est entièrement régie par la Statistique. Par exemple, si je désire m'accompagner d'une petite Gimmin, je dois passer à la Gimminbank qui, après avoir consulté ma fiche, me désignera une accompagnante appropriée."
"-Et l'amour dans tout ça? Pas de place pour l'amour dans ton système?"
"-Qu'est ce que l'A.M.O.U.R.?"
- "Ah... Je vois. Eh bien, ...Imaginons que tu veuilles t'accompagner d'une petite Gimmin particulière, une que tu aurais choisie?..."
"- Voyons, du point de vue conceptuel, j'imagine que ce serait possible à condition que la Gimminbank la déclare conforme à ma fiche."
"- Mais enfin, " dit Willy que ce manque de liberté contrariait, "si ce n'était pas le cas et que malgré tout, tu veuilles la garder comme accompagnante, par..."affection", disons."
"- Bien que le dernier mot que tu as employé me soit inconnu, je pense que ce que tu dis est insensé. Qui garderait un deuxième soi qui ne conviendrait pas? Pourquoi s'encombrer d'un autre dépareillé? C'est absurde!"
 Illustration: Céline Badaroux-Denizon
par LILI publié dans : Les ECRITS de LILI
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Mardi 20 mars 2007

envoyé par autourdelili
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